Nous souvenir du passer, c'est
provoquer notre
reconnaissance à l'égard de tous ceux qui ont
précédés dans la région. Ils ont
travaillé dur. Ils n'ont pas connu le bien-être
matériel ou si peut. Leur vie était rude. Mais ils
étaient profondément chrétiens. La devise de
Sorel:
" FIAT VIA VI ", ils l'ont mise en pratique. C'est par leur force, leur
vigieur, leur courage et leur esprit chrétien qu'ils ont
fait
Sorel.
Les années se succèdent, se succèdent
irrémédiablement. Plus l'homme voit les années
s'écouler, plus elles lui sont précieuses. La
Cité, elle appartient aux hommes de tous les temps, elle
appartient à ses fondateurs, elle appartient à ceux qui
vivent en elle, elle appartient aussi à ceux qu'elle abritera un
jour.
Sorel est la Quatrième plus vieille ville du Canada,
malgré qu'elle soit encore toute jeune. Plus de 366 ans dans la
vie d'une ville, c'est tout de même un étape. Nos
ancêtres, qui ont foulé le sol Sorelois en 1642 et
qui ont jeté les bases de la belle ville que nous
chérissons aujourd'hui, ne se doutaient certainement pas qu'ils
avaient choisi un coin de terre riche en promesses. Sa situation
géographique, au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la
Rivière Richelieu , n'a pas été
étrangère au développement progressif qu'a connu
la Ville de Sorel.
L'Histoire de Saurel n'a rien à envier aux plus anciennes villes
du Québec, car Saurel figure depuis la découverte du
Canada à tout ce qui s'est passé d'important dans notre
pays et elle a connu la pluspart des personnages de marque qui ont
attaché leurs noms aux évènements dignes de
mention.
Dès 1535, Jacques Cartier, lors de son voyage à
Hochelaga, dans son ignorance des chenaux, entre les îles du Lac
Saint-Pierre, s'engagea dans le bras du Saint-Laurent qui baigne
Berthier et y échoua l'Emérillon, de telle sorte qu'il
dût continuer son exploration en barque, et peut-être
avant, car des Normands et des Scandinaves fréquentèrent
nos parages des centaines d'années plus tôt.
A l'arrivée de M. de Montmagny et de ses soldats le 13
août 1642, la première messe qui fut
célébrée en cette occasion, le fut par le
Père Anne de Nouë. Ce jésuite, entré dans les
ordres à l'âge de trente ans, avait été
élevé à la Cour de Henri IV où l'on ne
s'ennuyait guère si l'on se fie à Brantome. L'auteur nous
parle d'un Breton, Capitaine de la Nouë, duquel on ne peut se
"saouler" de dire les biens; les vertues, les valeurs et les
mérites qui estoient de luy"... Le rôle du missionnaire
était aux antipodes de celui du mignon du Roy. Tout Sorelois
connaît la fin tragique que trouva le Père de Nouë en
plein
accomplissement de ses travaux apostoliques. Et c'est en parlant du
Père de Nouë que certains écrivains ont fait
mention que le Chenal-du-Moine devait probablement son nom à ce
zélé missionnaire.
En août 1642, le Père Isaäc Jogues, jésuite,
Guillaume Couture et René Goupil, partirent des
Trois-Rivières en compagnie d'une trentaine d'Hurons et
tombèrent dans une ambuscade à deux milles de la pointe
de Saurel. C'est cette année qu'a eu lieu le massacre des Saints
Martyres Canadiens.
Et c'est ce 13 août 1642 également que M. de Montmagny
construisit un fort à l'entrée du Richelieu, ce fort fut
appelé Richelieu, en l'honneur du célèbre ministre
(Cardinal) de ce nom qui venait d'élever la France à
l'apogée de sa gloire et de sa grandeur. Le 20 août 1642,
sept jours seulement après le commencement de la construction du
fort Richelieu, un groupe de 300 Iroquois, divisé en trois
bandes, sortit tout à coup de la forêt et attaqua les
ouvriers sur plusieurs côtés à la fois. Ils furent
repoussés. Le jour de l'exaltation de la Saint-Croix, M. de
Montmagny fit élever une haute croix sur le rivage du Richelieu
en souvenir de cette victoire. Ce n'était qu'un bien petit fort
de pieux, mais il tint, de peine et de misère, après
plusieurs épisodes sanglants où mourutent nombre de
défenseurs, jusqu'en 1647. La petite garnison constamment
attaqué par des bandes d'Iroquois de plus en plus fortes finit
par plier bagages et le fort Richelieu disparut sous la torche
incendière.
La destruction du Fort Richelieu a été un grand malheur
pour la colonie. Les Iroquois ne trouvant plus sur leur chemin cette
barrière pour les arrêter se répandent sur tous les
points du pays et sèment partout la mort et la ruine.
Il faut des secours; la France supporte une guerre qui lui fait oublier
les pauvres Canadiens. Enfin, l'appel de la colonie agonisante est
entendu. Le Roi envoie pour la secourir l'un de ses plus
célèbres régiments, celui de
Carignan-Sablières; le régiment compte 1,200 soldats,
nous sommes alors au début d'août 1665.
Parties de Québec le 23 juillet 1665, les quatre compagnies
escortées d'une troupe de volontaires du pays, arrivèrent
à l'embouchure du Richelieu, dans les premiers jours du mois
d'août, après avoir été retardées
quelque peu, par un vent contraire à l'entrée du Lac
Saint-Pierre. La compagnie que commandait M. Pierre de Saurel, l'un des
officiers du régiment, s'y arrêta et l'on commença
aussitôt les travaux du fort sous la direction même de cet
officier qui les mena rapidement. Au mois d'octobre, le fort est
complètement terminé.
M.Harisse, dans ses notes pour servir à l'histoire de la
Nouvelle-France, nous apprend que la carte du Fort Richelieu,
envoyée en France par M.Talon, avec la dépèche du
2 novembre 1665, est la plus ancienne des forts du Canada dont le plan
détaillé soit parvenu jusqu'à nous.
Le nouveau fort conserva le nom de Richelieu; ce n'est qu'après
la concession de la seigneurie à M. de Saurel que le nom du
premier Seigneur lui fut substitué. Alors que le fort de 1642
avait été construit en bois, celui de 1665 le fut en
pierre. M. de Saurel en garda le commandement, et plus tard, en 1672,
après le licenciment des troupes, afin de récompenser les
nombreux services que M. de Saurel avait rendus en différents
endroits à Sa Majesté, tant dans l'Ancienne France que la
Nouvelle, le Roi lui fit don du fort et de la seigneurie.
M.Pierre de Saurel est originaire de la province de Dauphiné,
département de l'Isère. De noble race, il est né
en 1628, dans la paroisse Notre-Dame à Grenoble, de Mathieu de
Saurel, avocat, et de Dame Jeanne de Giraud. Le 10 octobre 1668, il a
épousé à Québec, Demoiselle Catherine Le
Gardeur, fille de noble Charles Le Gardeur de Tilly et de Dame
Geneviève Juchereau, en présence du père de
l'épouse, de M. Jean Juchereau, sieur de Maure, son aïeul,
Sidrac Amplement d'Héricourt, lieutenant d'une compagnie au
même régiment.
Vers 1670, Mgr Laval organise la vie religieuse, on bâtit une
modeste église; on l'a placée sous le patronage de
Saint-Pierre, prince des Apôtres, probablement à la
demande de M. de Saurel dont le prénom est Pierre. Les
régistres de la paroisse débuteront vers 1675. On y
trouvera plus tard dans les archives l'extrait de baptême de
Madeleine de Verchères, qui sauva la colonie contre une attaque
des Iroquois en 1692. Elle avait été baptisée le
17 avril 1668. Le premier prêtre résident fut
l'abbé Pommier. En 1732, les autorités religieuses
ordonnent la construction d'une nouvelle église. Le Père
Verquaillé inaugure les travaux de construction de la nouvelle
église, il ne peut en voir la fin, il fut remplacé par le
Père Rainville, récollet arrivé à Sorel, le
16 août 1734. Cette deuxième église
s'élève tout près du fort. L'un des murs de cette
église a été intégré dans la
construction de l'Hôtel Saurel qui fut construite à
même les ruines; la population de la paroisse était alors
de 342 âmes. En 1747, l'église en bois, bâti depuis
quinze ans à peine, n'est plus susceptible de réparations
durables et c'est en 1750 qu'une nouvelle église en pierre est
construite sous la direction de M. Collet. En 1769, l'église est
rénovée, elle est terminée en 1770.
L'église actuel fut commencée en 1824 et terminée
en 1830; elle fut placée au centre de la ville ancienne, face au
Fleuve St-Laurent et elle dessert la partie la plus peuplée de
Sorel.
La paroisse St-Pierre de Sorel est la plus ancienne du diocèse
de St-Hyacinthe et l'une des plus vieilles du Canada. En 1960, elle fut
reconnue par la Commission des sites historiques de Québec comme
monument digne d'être conservé, car c'est un monument
typique d'une époque. En 1961, on décida de restaurer le
temple dans le but de le consolider.
En 1681, il y avait à Saurel 16 familles donnant 117
âmes; en 1683, 15 familles donnant 113 âmes, en 1706, les
ravages des Iroquois avaient réduit la population à 104
âmes.
Les premietrs habitants de Sorel ne furent pas de véritables
cultivateurs. Ils s'occupèrent particulièrement de la
traite des pelletries, surtout à partir de 1685, alors que le
commerce en devient libre.
C'est le 26 novembre 1682 que M.Pierre de Saurel meurt à
Montréal. Il fut inhumé deux jours plus tard dans les
voûtes de Notre-Dame ( église Ville-Marie ), il
avait 54 ans. A une période inconnue de l'histoire, ses restes
furent transportés dans un cimetière quelconque. Sa
disparition fut une perte réelle pour toute la colonie, il
était doué d'une énergie peu commune et il ne
recula devant aucun sacrifice pour arriver au succès.
Frappé au milieu de ses travaux dans un temps où il a
engagé ses biens et ceux de ces amis pour exploiter ses terres,
il laisse sa veuve dans une situation pénible. Mme de Saurel
restée seule, sans enfant, dut s'imposer de nombreuses
démarches pour n'être pas tout à fait
dépouillée par les créanciers de son mari,
décédé intestat.
Apres la mort de M. de Saurel en 1682, d'autres officiers se
sucédèrent au commandement du fort: MM. de Mine,
Charles-Gaspart de l'Angloiserie et Pierre de Saint-Ours. Les
années se sucèdent au milieu des épreuves et en
1690, les Iroquois ont levé de nouveau la hache de guerre et
parcourent le pays en tous sens semant la mort et la ruine. En 1696 les
Iroquois attaquent Saurel, ils pillent les maisons et les incendient.
Dans le but d'aider à l'établissement de la paroisse
naissante, Mme de Saurel accorde aux curés et à la
Fabrique une terre de 120 arpents située sur le Richelieu. Par
ce même contrat, en date du 6 mars 1708, Mme de Saurel donne
à la Fabrique une terre de 2 arpents de front, sise sur le
Richelieu, entre le Fleuve et les terres de la donatrice. Elle accorde
en plus deux autres lopins de terre, l'un de quatre arpents en
superficie, l'autre comprend l'emplacement sur lequel sont bâtis
l'église et le presbytère.
En septembre 1712, le principal créancier de Mme de Saurel
réclame son dû et prend les mesures pour faire vendre
la seigneurie. La seigneurie est vendu au Sieur Hubert, qui
l'acheta pour le compte de M. Claude de Ramesay par contrat, pour la
somme de 9,200 livres, le 14
février 1713 qui est alors gouverneur de Montréal depuis
1704 et propriétaire de la seigneurie de Monnoir depuis 1708 et
de celle de Ramesay depuis 1710. C'est lui qui a fait ériger en
1704 à 1706 le Château de Ramesay, aujourd'hui
célébre monument historique de Montréal.
Gouverneur de la Nouvelle-France, il est mort à Québec le
31 juillet 1724.
Au mois de mars de la même année en 1713. M. de Ramesay
donne avis
à Mme de Saurel de quitter, délaisser la seugneurie, le
manoir et les dépendances. Mme de Saurel vécut encore de
longues années, aimée et respectée des colons.
Elle mourut à Sorel, le 23 juin 1732, à l'age de 82 ans,
10 mois et demi. Elle fut inhumée dans le cimetière
de la paroisse, le 25 juin 1732.
Après l'acquisition du Sieur de Ramesay, le fort de Saurel est
reconstruit. C'est M. le Vasseur de Néré qui en
traça les plans en 1705 et qui les présenta à la
Cour. Le fort est reconstruit sur la pointe formée par la
Rivière Richelieu et le grand Fleuve St-Laurent, soit au
même endroit que les autres. Une palissade de douze pieds
s'ajoute au fort pour plus de protection et sans doute pour permettre
de mettre à l'abri la population entière de quelque 500
âmes, en cas d'alerte.
Le nouveau Seigneur de Saurel, M. Claude de Ramesay, appartient
à la vieille noblesse de France. Né le 15 juin 1659,
à la Gesse, évêché de Langres, du mariage de
noble Timothé de Ramesay, seigneur de la Gesse, Motigny de
Boisfleurant, et de Dame Catherine Tribouillard, il entra de bonne
heure dans les troupes royales et devient lieutenant de la compagnie de
Troie. Lors de l'attaque de Phipps contre Québec, en 1690, il
rend des services signalés. Le 1er juillet de la même
année, il est fait gouverneur des Trois-Rivières en
remplacement de M. de Varennes qui vient de mourir. Le 28 mai 1699, il
obtient le commandement général de toutes les troupes de
la colonie. L'année suivante, le Roi lui accorde une pension de
600 livres et le 20 mai 1703, il est créé Chevalier de
l'ordre Royal et militaire de St-Louis. Il devient gouverneur de
Montréal le 15 mai 1704. Il conserve ce poste durant 20 ans. En
1708, il obtient la seignerie de Monnoir, et, le 17 octobre 1710, celle
de Ramesay. Le 8 novembre 1690, il épouse à
Québec, Demoiselle Marie-Charlotte Denys, fille de Pierre Denys
de la Ronde et de Dame Catherine le Neuf.
M. François Dupré bénit cette union en
présence de M. Bécancour, de M. de Subercase, du Marquis
de la Grois et du Sieur de la Pérade. M. de Ramesay meurt
à Québec le 31
juillet 2 août 1724, il est inhumé
dans l'église dès le lendemain. Mme de Ramesay le suit
dans la tombe le 9 juillet 1724 Seize enfants sont nés de cette
union.
En 1754, les Anglais attaquent. C' est alors la Guerre de Sept Ans qui
est officiellement déclarée à la Nouvelle-France
en 1756 et qui dura jusqu-en 1763. La Seigneurie de Saurel comptait
à cette époque près de 700 âmes.
Au Traité de Paris en 1763, comme plusieurs autres
français, les familles des fonctionnaires
publics, la plupart de vieille noblesse, quittent la colonie et
retournent en France. Il en est ainsi de la famille seigneuriale de
Saurel, les Ramesay. Avant leur départ pour la
mère-patrie, les de Ramesay vendirent leur belle seigneurie au
Sieur Jean Bonfield pour la somme de 24,000 livres, le 9 mars 1764.
Durant les premières années de la domination anglaise, la
seigneurie, tout comme la colonie, fait peu de progrès. Les
habitants appauvris n'ont pu encore réparer les pertes
causées par la guerre et l'état d'incertitude dans lequel
ils vivent de même que le changement survenu dans
l'administration des affaires contribuent à accroître le
malaise dans tout le pays.
Le domaine du Sieur de Ramesay était devenu
propriété du Sieur Jean Bonfield, qui à son tour
le vendit au Sieur Jean Bestwreck, le 6 mars 1765. La même
année, la seigneurie devient la propriété des
Sieurs Grenwook et Higginson, exécuteurs testamentaires de
Bestwreck.
L'invasion américaine en 1775 avait de nouveau
démontré l'importance stratégique de Saurel. Le
général Haldimand acquit la seignerie au nom de la
couronne, le 13 novembre 1781, de MM.Grenwood et Higginson pour 3,300
livres, par acte devant M. Pinquet. Le 30 mars 1855, les revenus en
furent appropriés au paiement des dépenses de la milice
du Canada.
Pour comble de malheur,
les
colonies américaines lèvent
l'étendard de la révolte, en 1775, contre la
mère-patrie. Ethan Allen
(américain) descend le Richelieu pour disputer le Canada
à
l'Angleterre. Saint-Jean tombe aux mains de Bénédict
Arnold
(américain), le vieux fort de Chambly cède peu
après devant Montgomery
(américain). Avec plus de quatre cents hommes, le Colonel Mc
Lean
(anglais) se transporte à Saurel dont le fort gardait
l'entrée du
Richelieu. Impatient, il s'avance sur le Richelieu jusqu'à
Saint-Denis
où il apprend la chute du fort de Chambly et il rebrousse chemin
alors
que plusieurs de ses soldats, gagnés à la cause
révolutionnaire, se
joignent aux Américains. Il rentre finalement à
Québec avec une
centaine de soldats. Peut après, novembre 1775, le
général américain
Easton déloge la garnison anglaise de Saurel. Le 31
décembre, le
général américain Montgomery attaque Québec
mai il meurt en escaladant
la citadelle et le désarroi s'empare de ses troupes qui viennent
se
replier sur Saurel où le général américain
Sullivan établit un camp
afin de surveiller les mouvements de l'armée anglaise. Le 8 juin
1776,
le général anglais Burgoyne disperse un corps de 1800
rebelles
américains près de Trois-Rivières et s'avance
jusqu'à Saurel où le
général Sullivan, déconcerté, quitte son
campement et le général
Burgoyne le pousuit jusqu'à Saratoga où la victoire
remportée par les
rebelles le 16 octcbre 1777 met à cette guerre
anglo-américaine qui se
conclut par la proclamation de l'indépendance des
États-Unis d'Amérique.
Les Loyalistes - Beaucoup de familles et de soldats américains,
préférant vivre sous la tutelle de l'Angleterre,
demandent à s'établir au Canada. C'est alors que le
nouveau gouverneur anglais Frederick Haldimand décide de faire
de Saurel un boulevard de la résistance anglaise et d'y tenir
une garnison afin de construire les édifices nécessaires
pour l'entretien des officiers et des soldats. Il s'y met
résolument et dès 1779, il a à Saurel quatre
compagnies formant un corps de troupes de trois cents hommes, avec
leurs officiers et quatre-vingt-sept colons américains que
l'histoire appellera des " Loyalistes ". C'est dans l'intention
de venir en aide à ces expatriés que le gouverneur
Haldimand achète, au nom de son roi, la seigneurie de Saurel le
13 novembre 1781 alors que d'autres Loyalistes se verront accorder des
concessions dans les Canton de l'est, dans le Haut-Canada ou dans la
presqu'île de Gaspé.
En 1781, le gouverneur Haldimand charge les ingénieures de la
garnison saureloise de construire la Maison des Gouverneurs. A
Noël 1781, le
Baron Friedrich von Riedesel, commandant du régiment de Son
Altesse
Sénérissime le Duc de Brunswick Wolfenbuttel, s'y
installe en tant que premier occupant. C'est le Baron Von Riedesel qui
présida, presqu'à son arrivée à la Maison
des Gouverneurs à l'illumination du premier arbre de Noël
en terre d'Amérique. Cette coutume se perpétua à
travers les âges et c'est aujourd'hui une tradition
profondément ancré dans les moeurs de la nation
canadienne. À la fin de
1783, environ 7000 Loyalistes sont venus s'installer au Bas-Canada; il
y en a cent trente-deux à Saurel même et six cent
cinquante-trois dans toute la région de Saurel-Yamaska.
La colonie anglaise établie
à Saurel accueille son pasteur. C'est le 4 juillet 1784
que le capitaine John Doty est choisi pour
exercer les fonctions du culte à Saurel. Cette date rappelle la
fondation de la première mission anglicane du Vieux Canada qui
comprenaît à cette époque le Québec et
l'Ontario.
En 1785, un ingénieur civil, probablement le major French, trace
le plan de la ville en forme de quadrilatère, avec des rues
larges qui se coupent à angles droits. Ces rues sont
désignées sous le nom des principaux
personnages de la maison royale: George, King, Queen, Augusta, Shopie,
Prince, Phipps, Charlotte....... Au centre, on laisse une place
publique ou Place d'Armes dont les allées reproduisent le
drapeau anglais, l'Union Jack ; c'est le Parc Royal que le touriste
admire
de nos jours. La ville est divisée en lots à bâtir.
L'agent de la seigneurie, Samuel Holland, les accorde sur billets dont
on pouvait trouver encore des spécimens.
Au mois de septembre 1787, le Canada reçoit la visite de Son
Altesse Royale, le Prince William-Henry. Québec,
Montréal, Chambly lui font des réceptions magnifiques.
Sa visite à Saurel n'est pas banale. La Gazette de
Québec rapporte cet évènement: Hier
après-midi, le 17 septembre, vers quatre heures, Son Altesse
Royale le Prince, en son retour de Montréal et de Chambly, nous
honora d'une visite ... Elle fut à la maison seigneuriale,
où l'Honorable Samuel Holland, écuyer, arpenteur-
général de la province lui ayant présenté
un plan de la ville, il plut à Son Altesse Royale de nous
permettre l'honneur de lui donner son nom: WILLIAM-HENRY. De cette
époque, la ville prend le nom de William-Henry qu'elle conserve
durant trois-quarts se siècle, soit jusqu'en 1862. Mais le nom
de Saurel reste pendant tout se temps et demeura toujours très
présent pour toute le monde.
Le 10 juin 1791, l'Angleterre nous accorde l'acte constitutionnel;
c'est à ce moment que Saurel forme le bourg William-Henry, ayant
son député en chambre d'assemblé du Bas-Canada. Le
premier fut John Barnes un capitaine de l'artillerie royale. On compte alors
quelque 100 maisons, et deux églises.
La population de William-Henry, à cette époque, se
composait d'environ de 70 familles, dont les membres étaient
presque tous des royalistes anglais ou des loyaux américains. La
population canadienne-française s'occupait surtout d'agriculture
et était répandue dans les rangs de la paroisse. Les
casernes construites par le gouvernement anglais, après la
conquête, ont été détruites et il ne reste
aucun vestige de ces précieuses reliques d'un passé
glorieux pour les anglais, sauf un vieux canon encloué qui a
été trouvé au font du Richelieu et qui avait
instaler sur la place du Marché St-Laurent.
En 1812, les Américains se soulèvent de nouveau et
plusieurs Canadiens s'enrolent comme volontaires dans l'armée
coloniale anglaise pour défendre leur patrie menacée par
les insurgés.
C'est le moment où l'immortel de Salaberry forme son glorieux
bataillon des célèbres Voltigeurs Canadiens. Il remporte
d'abord la victoire de Lacole, dans la journée du 21 novembre
1812, et celle plus remarquable de Châteauguay, le 22 octobre de
1813.A cette dernière bataille, sa petite troupe de braves
d'environ 350 hommes, dont 200 canadiens et 150 sauvages, formée
de ses Voltigeurs et d'une compagnie de Fencibles, repousse une
armée forte de 7,000 hommes, dont 400 cavaliers, appuyée
par douze canons. Une famille soreloise, celle de Pierre
Beaupré, s'est fait remarquer en fournissant à
l'armée onze enfants sans compter un de ses gendres qui
s'enrôla aussi volontairement.
Quelques années plus tard, la riche région agricole du
Richelieu fournit des envois de grain destinés au ravitaillement
de l'Angleterre affamée. Plus de 700 navires chaque année
touchent Québec et retournent chargés d'svoine et de
blé. A cette époque, William-Henry couvre environ 120
acres. On n'y compte encore que 150 maisons, outre les magasins, les
casernes et les batiments du Gouvernement. La population est d'environ
1,500 âmes.
En 1818, quelques habitants proposent à Robert Jones de
construire un marché. Il est érigé sur un terrain
cédé par le Gouvernrment et sert durant un quart de
siècle.
Navigateurs de premier ordre, les Anglais avaient
développé la navigation sur le fleuve, si bien que
même avant la disparition des navires à voiles du Fleuve
St-Laurent, on voit apparaitre à Saurel les premiers navires
à vapeur à peu près au moment de leur
invention. C'était des navires à aubes,à
roues, comme on disait; les Molson et les Torrance de Montréal
fondent la St-Lawrence Steamboat Company, puis les Torrance, la Steam
Tow Boat Company. Il avaient fait du bois de corde, plus ordinairement
appelé slabs, soit le résidu du bois après le
sciage des planches. H. Jollief construisait des navires ici dès
1810, puis David Vaughan, Charles Pagé, Robert Ritchie. Mais les
plus remarquables constructeurs de navires de Saurel furent sans doute
Daniel McCarthy et ses deux frères John et Thomas. Le premier
devient bientôt dirigeant des compagnies de construction des
Molson.
Il se construisit plus de cent navires de grande dimension dans ces
chantiers: le Richelieu en 1845, le Jacques-Cartier en 1847, le
Victoria et le Nautilus en 1855, le Montréal en 1862, le
Québec en 1866, le Canada en 1867. Ce dernier avait 250 pieds de
long et avait une coque d'acier. Ensuite le Trois-Rivières, le
Berthier, le Chambly, le Terrebonne, le Sorel, le Mouche-à-Feu,
le Rocket, le Météor.
En 1871, les McCarthy se retiraient des affaires leur fortune faite. En
1853, J-F et Robert Sincennes et Augustin et F. St-Louis
fondèrent la Compagnie Richelieu. Peu après, on voit
naître la Cie Sincennes McNaughton, puis la Cie Tranchemontagne
et Saint-Louis. Un capitaine Smith emploiait 66 hommes; la Cie
Richelieu, 200 hommes; la Sincennes, 103 hommes; McCarthy, 87 hommes;
Tranchemontagne, 20 hommes. Les salaires variaient entre $1.50 pour les
meilleures mains et .50 sous pour les journaliers.
En 1832, un fléau terrible, le grand choléra, passe par
tout le pays et fait plusieurs victimes à William-Henry.
Sur le plan politique, l'époque est agité partout au
Bas-Canada. Dans le bourg de William-Henry, pendant les
élections de 1834, Louis Marcoux, l'un des principaux
organisateurs de l'élection du candidat patriote, est
mortellement blessé en tentant de mettre fin à une
escarmouche opposant patriotes et bureaucrates.
L'orage qui gronde depuis longtemps éclate en 1837 et en 1838
sous la
poussée énergique des chefs patriotes, les Papineau, et
les frères Wolfred et Robert Nelson tous deux médecins,
fils de William Nelson qui a été longtemps unstituteur
pour la population scolaire anglaise de William-Henry où c'est
alors relativement calme car la présence des soldats
casernés au fort en impose à la population.. Le mouvement
se répand bientôt dans toutes les
campagnes principalement à Montréal, Saint-Denis,
sur les rives du Richelieu, à St-Eustache. A Sorel, tout est
relativement calme. C'est de là que dans la nuit du 21 au 22
novembre 1837, part le colonel Gore avec cinq compagnies d'infanterie,
une pièce de canon et un piquet de polices à cheval. Il a
reçu l'ordre de se joindre au colonel Whiterall, entre
Saint-Denis et Saint-Charles, afin d' attaquer les rebelles et les
prendre entre deux feux. Mais dans la journée du 22, il est
complètement défait à Saint-Denis. Une
poignée de patriotes mal armés a raison des troupes
anglaise en subisant une défaite. Cependant, Gore est plus
heureux la seconde fois à Saint-Charles, il incendie le village
et fait plusieurs victimes. Plusieurs sorelois sont
arrêtés après ces deux célèbres
batailles.
Après ces jours de tristesse, le calme se rétablit peu
à peu dans nos campagnes. Quelques patriotes payèrent de
leur vie le zèle qu'il avaient déployé pour
la défense de la patrie; d'autres languirent plusieurs mois dans
les cachots et furent exilés. Ils nous revinrent après
l'amnistie de 1844.
En 1843, un nouveau marché de 100 pieds de longueur et 35 pieds
de largeur est inauguré. Il servira jusqu'en 1858. Le
Curé Kelly fonde, en 1846, avec 400 volumes, une
bibliothèque.
En 1848, le bourg devient ville. Me Georges-Isidore Barthe, futur maire
et député, fonde en 1857, " le journal La Gazette de
Sorel " et lance aussitôt dans le public l'idée de la
construction d'un chemin de fer destiné à relier la
vallée du Richelieu aux régions nouvellement ouvertes des
Cantons de l'Est.
En 1858, un nouveau marché en brique, le troisième, de
180 pierds de longueur par 34 de largeur, sauf au centre
où il atteint 50 pieds de largeur, est construit pour la somme
de 20,000.00$. Il durera jusqu'en 1882.
Le 8 juin 1858, la Gazette de Sorel ( on ignore depuis
déjà longtemps parmi la population française, le
nom officiel de la ville, soit William-Henry, et l'on a changé
l'ancien nom de Saurel pour Sorel ) signale dans son
éditorial les progrès de la ville et en particulier le
fait que le Conseil Municipal a fait inscrire les noms des rues
dans les deux langues. La population atteint 3,345 âmes, dont
3,288 Canadiens Français. Les efforts du gouverneur Haldimand
pour angliciser la ville, efforts datant de 1787, ont évidemment
échoué. De fait, on ne compte plus que 93 anglais, 7
Irlandais, 1 Écossais et 6 Mulâtres.
En 1858, Le Curé Limoges fait part à Mgr Prince que les
pauvres et les malades ont besoin de soins. Mgr Prince lui écrit
que les Soeurs Grises consentent à venir se dévouer pour
son oeuvre. Elles y vivront de leur travail, de la
rémunération de la sacristie et d'un bazar annuel
pour le succès de l'oeuvre. M. le Curé Limoges les
remercie et convoque plusieurs paroissiens charitables qui participent
généreusement à la construction d'un hôpital
auquel est relié, en février 1896, un orphelinat, par un
long corridor qui surplombe la rue Ramesay. L'Hôpital servait
aussi de résidence aux religieuses. Le long corridor qui
était si pittoresque a été démoli de
même que l'orphelinat. Un nouvel hôpital
général a été construit et servt d'hospice
aux vieillards malades.
Le contrat pour la construction d'un Palais de Justice est
adjugé en 1860. Il coûtera la somme de 5,500 louis. Me
Antoine Gouin est Shérif du nouveau district judiciaire
établi trois ans plus tôt et dont les assises se tenaient
dans une Cour de Justice.
Le 19 avril 1862, la débâcle sur le Richelieu
s'opère subitement et cause un véritable désastre
dans le port et des dommages considérables aux bateaux de la Cie
de Navigation Richelieu. Ces pertes matérielles
n'entraînent pas la ruine des propriétaires
éprouvés et l'on n'enregistre pas de perte de vie; mais
il n'en est pas ainsi trois ans plus tard aindi que nous allons
le raconter.
Dès le 8 avril 1865. la Gazette de Sorel annonce que
l'inondation est imminente et que les habitants vivent dans l'inconnu
jusque là, au témoignage des anciens. "Ce que nous avons
à raconter aujourd'hui, écrit le rédacteur du
journal précité, dans son édition du 14 avril
1865, dépasse les précisions exprimées l'autre
jour ... Depuis le samedi, au grand désespoir de tous l'eau
monte, monte toujours; dès le lundi, on apprend que les
habitants de Berthier, des îles du Chenal-du-Moine, sont
littéralement submergés. Ces pauvres gens montés
dans les greniers et attenden le secours de la Providence. L'île
de Grâce disparaît sous l'eau; on y mesure jusqu'à
dix pieds d'eau de profondeur en certains endroits. Le mercredi vers
midi, le ciel s'assombrit. Le "Cygne", demandé en diligence, se
rend au secours des inondés. A peine laisse-t-il le port
qu'un violent vent s'élève. Vers les deux heures et demie
de l'après-midi, il souffle en vraie tempête. Des
bâtiments sont emportés par la bourrasque. Avec beaucoup
d'efforts,le "Cygne" a pu atteindre lîle et son équipage
est alors le témoin de scènes terribles. Des hommes, des
femmes, des enfants sont précipités dans les flots et se
noient sous ses yeux. Vers onze heures, deux autres vapeurs ayant
à leur bord plusieurs citoyens, deux prêtres et le docteur
Cadieux laissent le port pour aller secourir les habitants. Il
s'est passé là, durant cette nuit obscure, autour de
cette île et de ces habitations détruites des
scènes impossibles à décrire ... il y eut 34
victimes."
Une briqueterie établie par M. James Sheppard en 1836 prit de
l'importance. En 1870, elle produit plus d'un million de briques. La
plupart des édifices de la ville, les marchés, les
magasins, beaucoup de maisons de particuliers ont été
construits avec la brique sortie des fourneaux de M. Sheppard.
C'est en 1868 et ce n'est pas sans regret que les gens de Sorel voient
les beaux régiments s'embarquer pour outre-mer.
Une ère de prospérité passe sur la jolie petite
ville de Sorel. A côté des édifices du gouvernement
s'élèvent le collège du Sacré-Coeur, le
couvent et l'Hôpital. M.Georges-Isidore Barthe, l'un des hommes
qui ont rendu d'éminents services aux Sorelois et qui avait
lancé au public l'idée de la construction d'un chemin de
fer, publie de nombreux articles dans la Gazette de Sorel, sur
l'importance de cette voie désignée sous le nom bizarre
de " Chemin de fer à lisses de bois".
En 1862, la ville reprend son nom d'origine, Sorel plutôt que
Saurel suite à l'erreur orthographique d'un greffier, de
même que son visage francophone, la population atteint alors 3345
âmes dont 3238 Canadiens français et 93 anglais.
C'est le 11 janvier 1869, sous la présidence de M.Barthe qu'une
assemblée de citoyens a lieu afin d'approuver un
règlement destiné à encourager la construction du
chemin de fer devant relier Sorel à Drummondville.
Le 5 mars 1870, la somme de 40,000.00 $ est votée et l'on
décide que le terminus de cette voie ainsi que son siège
d'opération seront placés à Sorel. Que d'espoirs
les Sorelois n'ont-ils pas fondés surce projet qui devait leur
apporter la prospérité. M.Louis-Adélard
Sénécal, ancin capitaine de vaisseau obtient la
direction. Cet hommes entreprenant est devenu plus tard
député et sénateur.
En 1872, la population de la ville de Sorel est de 5,636 âmes.
Pour la somme de 100,000.00 $, L.A.Sénécal abandonne
à la compagnie "Chemin de fer Sud-Est" les contrats qu'il a
conclus avec la compagnie "Richelieu-Drummond-Arthabaska". La nouvelle
compagnie s'engage à terminer le chemin de fer
Sorel-Drummondville non avec des lisses mais avec des rails d'acier.
Elle donne de plus un billet de 90,000.00 $ à la compagnie
Soreloise qui abandonne son chemin de fer, lequel plus
précisément, ira de Sutton à Sorel.
L'inauguration a lieu le 10 mars 1879.
Le 19 juillet 1873, le Conseil fait l'inauguration d'un aqueduc
destiné à fournir aux citadins l'eau potable et à
les protéger en cas d'incendie. Les travaux ont
été exécutés par les frères
Beauchemin, Philipe, Moïse et Hyacinthe de la maison importante de
ce nom.
L'éclairage au gaz remplace le système des lampes
à pétrole dans les rues. Depuis le 29 octobre 1855 une
compagnie s'est formé dans le but de doter la ville de cette
importante amélioration. C'est le 5 juillet 1858 que le conseil
de ville autorisa d'installer des conduites dans toutes les rues et
c'est le 6 novembre 1876 à la grande joie de la population que
toute la ville apparaît illuminée pour la première
fois. Le coût des usines s'élève à la somme
de 8,750. 00 $ piastres.
La fanfare fondée vers 1877 donne le 19 avril de cette
même année une représentation à
l'hôtel de Ville ayant fait ériger un kiosque au
centre du Parc-Royal, le 12 juin 1879, la fanfare y donne un premier
concert en plein air. A la date du 20 février 1879, à
l'Hôtel de ville on jouait la pièce " Le Château des
Sept Tours ".
Le 23 septembre 1884, Sir Hector Langevin, Ministre des Travaux
Publics, vient poser la première pierre des édifices de
la Poste et des Douanes,. Il y a présentation d'adresses,
discours, banquet et le soir, feu de joie et illumination de la ville.
Le 1er juillet 1889, lors de grandes fêtes auquelles assiste
l'Honorable Honoré Mercier, Premier Ministre de la Province de
Québec, le Maire Taillon proclame que la ville de Sorel passe au
rang de Cité.
Le 8 juillet 1896, on érige un pont en fer de 500 pieds de
longueur sur les deux rives du Richelieu, entre la ville de Sorel et la
paroisse de St-Joseph. Un Sorelois, M.Hyacinthe Beauchemin,
l'âmes de l'entreprise,
obtient le contrat de construction; M.James McCarthy, ingénieur
habile, aussi de Sorel, eut la surveillance des travaux.
À SUIVRE...
Historique des Maires de Sorel: John George Crébassa
1848-1855 et 1858-1862, Jean-Baptiste Lamère 1855-1858 et
1862-1864, Robert-Henry Kittson 1864-1867, Georges Isidore
Barthe 1867-1876, Michel Mathieu 1876-1882,
Amédée Gagnon 1882-1883, Adolphe Germain 1883-1885,
Napoléon Hormidas Ladouceur 1885-1887, Alphonse Antoine
Taillon 1887-1891, Jean-Baptiste Guévremont
1891-1892, Louis Morasse 1892-1896 et de 1897-1889, Charles
Omer Paradis !896-1897 et de 1898-1907, Hyacinthe Beauchemin
1907-1910, Jean-Baptiste Th. Lafrenière 1910-1919, William
Georges M. Morgan 1919-1922, J.-Willie Robidoux 1922-1938 et de
1940-1942, Alphonse Bourret 1938-1940, René Ploquin
1942-1953, P.Armand Matton 1953-1955, Me Paul-A
Péloquin 1955-1956, Dr C-Robert Fiset 1956-1964,
Jean-Jacques Poliqiun 1964-1968, Léopold Beaudry
1968-1970, Me.Luc Poupart 1970-1976, Marcel Gauthier
1976-1979 et de 1983-2000, Robert Fournier 1979-1983,
Marcel Robert depuis 2000.
Fusion avec
Tracy en 2000, et les voilà tous Sorelois.
2 =
Régime
français de 1524 à 1763. La
France signe le
traité de Paris par
lequel elle abandonne la Nouvelle-France en
1763
à l'
Angleterre
.
3 =
Régime
Britanique de
1763 à
1867.
Guerre de sept-ans .
Les conséquances .
Les
orangistes .
Les divers
traités . .
Changement
d'empire 1760-1791 .
1759 la
conquête . Bataille des Plaines d'Abraham
4 =
Domination États-Uniens, .USA .
1775-1776
en août 1775 le général Arnold échou devant
Québec, en novembre 1775 Mongomery prent Montréal et 1 an
plus tard les envahisseurs sont refoulées.
En 1812 ils ont de nouveau
échouer, face au Régiment
canadien Français les voltigeurs commandé par Charles de
Salaberry.De1812 à 1814, les États-Unis font la guerre
à la Grande-Bretagne et attaquent les deux Canadas. Comme en
1775-1776, ils sont repoussés par les troupes canadiennes et les
Amérindiens du chef Tecumseh. Ils n'essaieront plus jamais de
faire la conquête du Canada. Contrairement à ce qui
s'était passé en 1775, on n'a eu aucune difficulté
à recruter des miliciens parmi les canadiens Français
pour combattre les troupes américaines. C'est que la perception
que l'on a des américains n'est plus la même depuis la
Révolution de 1789. En 1813,
le régiment Canadien-Français les Voltigeurs,
commandé par Charles-Michel de Salaberry, repousse les
Américains lors de la bataille
de Châteauguay.
La
Bataille
de Châteauguay fut une
bataille de la guerre
de 1812 qui se déroula
le 25 octobre 1813. Elle est une
victoire décisive pour les 500 Canadiens Français et les
Britaniques, qui repoussèrent une invasion de troupes
amériaines 4000 hommes du commandant Wade Hampton, bien
supérieur en nombre. Howard
Zinn, auteur d’Une histoire populaire des états-Unis
Les États-Unies
ont leur indépendance
le 4 juillet 1776.
(1783
loyalistes
)
5 = Le
tricolore du Bas-Canada Français
,vert,
blanc, rouge,
inspirés peut-être par le drapeau français, un
comités des patriotes créent en 1832 le tricolore
vert,blanc et rouge du Bas-Canada, drapeau
qui connaît
immédiatement la faveur populaire, et devient trés
populaire dans le Bas-Canada. On le décore souvent d'autres
emblèmes caractéristiques du pays, notamment le castor,
les feuilles d'érable, le maskinongé. Sa présence
lors des combats
de 1837 et
1838
lui confère un caractère
révolutionnaire qui le discrédite totalement aux yeux des
Anglais British, et le tricolore vert, blanc et rouge est banni par les
autorités anglaise
et amène son abandon en
1842. (
Celà
a cause des British anglais)
Le partie patriotes présente à l'Assemblée du
Bas-Canada (
le
Québec) ses
quatre-vingt-douze
Résolutions,
92
résolutions qui expriment les griefs de la population
à l'endroit des
autorités
britaniques et demandent plus
de liberté et de démocratie pour avoir un gouvernement
responsable.
Chronologie
1759 à 1867 .
10 moments
triste .
Wolfred
Nelson .
. Louis-Joseph
Papineau 1786-1871 .Welfred
Nelson 1759-1863 . L-H
Lafontaine .
L-J
Papineau .
1492 à
2003 .
Les Patriotes de
1837-1838 par Laurent-Olivier David.
.
Les
frères chasseurs .
Voici en bref quelques
faits de l'époque,
Tout
s'explique dans la vie. Souvent, pour comprendre un
événement, on doit
remonter
dans le temps. La loi
constitutionnelle, votée par le Parlement britannique en 1791,
sépara la province de Québec en deux colonies distinctes:
le Bas-Canada et le Haut-Canada. Le Bas-Canada (le Québec)
comptait alors environ 140 000 francophones et 10 000 anglophones,
tandis que le Haut-Canada (aujourd'hui l'Ontario) ne comptait que 10
000 loyalistes anglophones. La nouvelle
Constitution marqua l'avènement du
parlementarisme;
chacun des deux Canada possédait son
Assemblée
législative, son
Conseil
législatif, son Conseil exécutif (créé
en 1792) et son lieutenant-gouverneur (
Alured
Clarke). Au
sommet de la hiérarchie, Londres avait nommé un
gouverneur général qui disposait d'une autorité
absolue sur les deux Canada: il pouvait opposer son veto aux lois
adoptées par chacune des assemblées législatives.
Quant aux conseils, ils pouvaient disposer de budgets et
contrôler les dépenses du gouvernement sans rendre de
comptes aux élus; de ce fait, le rôle du Conseil
consistait à rendre les lois adoptées par
l'Assemblée compatibles avec les intérêts
britanniques et ceux des marchands anglais du Bas-Canada
(Québec).
Une démocratie de façade.
Seuls les loyalistes du Haut-Canada
demeurèrent satisfaits de la nouvelle loi constitutionnelle
parce qu'ils n'étaient plus soumis aux lois françaises et
contrôlaient leurs institutions politiques. La minorité
anglophone du Bas-Canada (Québec), bien qu'elle disposât
de la majorité au Conseil exécutif et au Conseil
législatif, accepta mal d'être mise en minorité
à l'Assemblée législative, où elle ne
comptait que 15 députés sur 50. Les anglophones furent
insultés d'être abandonnés à une
majorité de «papistes paysans» et à une
petite bourgeoisie de notaires, d'avocats et de curés. Quant aux
francophones, ils ne tardèrent pas à comprendre les
mécanismes de cette «démocratie de
façade»: les députés étaient
élus par la population, mais ils n'avaient pas de pouvoir
réel au sein du gouvernement formé et
contrôlé par la minorité
anglophone. N'oublions pas que le Conseil législatif,
entièrement composé d'hommes nommés par le
gouverneur (en général des marchands et des
fonctionnaires britanniques, parfois des francophones soumis),
conservait un droit de veto sur tous les projets de lois
présentés par l'Assemblée. Le Conseil finira par
bloquer systématiquement toutes les initiatives des élus
de l'Assemblée qui refusera d'adopter les budgets, ce qui
paralysera l'État.
1801: Mise en place d'un réseau scolaire qui vise
l'assimilation à la loi protestante et à la langue
anglaise.
1806: Fondation du premier journal patriote, Le Canadien.
1810: En mars, le
gouverneur
Craig ordonne la saisie des presse du
Canadien et l'arrestation des principaux rédacteurs. Le
gouverneur Craig dissout la chambre d'assemblée pour la
troisième fois en trois ans. Au cours de la campagne
électorale, il ordonne la saisie du journal Le Canadien, un
journal francophone, et fait emprisonner certains
députés, dont le rédacteur en chef du journal.
L'armée patrouille les rues de Québec et la poste est
suspendue.Craig invoque pour justifier ces mesures une tentative de
renversement du gouvernement menée par les journalistes et les
députés francophones. Cette politique n'empêche
toutefois pas la population d'élire 38 députés
canadiens, contre 12 députés britanniques.
1818: l'Assemblée vote les subsides demandés par le
gouverneur
mais demande la correction de nombreux abus : pensions à des
personnes
décédées, gens payés à ne rien
faire, salaires à des non-résidents et
salaires fictifs. D'année en année, les abus se
répètent et se
multiplient au profit d'un groupe de personnes favorisées par le
gouverneur.
La crise
des subsides .
1827: une pétition de 87 000 noms
dénonce
les abus de ces gens identifiés comme la « clique du
château ».
1832: Violence à Montréal: à l'occasion d'une
élection partielle, les troupes chargent la foule et tuent 3
francophones.
(
François
Languedoc, Pierre Billet, Casimir Chauvin)
1834: Le Parti Patriote remporte une éclatante victoire aux
élections et présente ses
92
résolutions. par lesquelles ils revendiquent notamment un
conseil
législatif élu, un gouvernement responsable, le
contrôle du budget par les députés de la chambre
d'assemblée ainsi qu'une représentation proportionnelle
dans les conseils.
1837: Devant le refus de Londres de prendre en considération les
demandes des
Patriotes,
des assemblées publiques se tiennent
partout en
province. Les assemblées sont aussitôt interdites par le
gouverneur
Gosford. À l'automne, la rebellion éclate.
La répression des Anglais est
immédiate: villages brûlés, population
molestée.
Les
troubles de 1837-38: Le 6 mars,
lord Russell, ministre britannique des Colonies dépose
10
résolutions
par lesquelles il rejette en bloc les 92 résolutions. Il
autorise par
ces résolutions le gouverneur du Bas-Canada à
dépenses sans le vote de
l'assemblée. 7 mars: première assemblée politique
de protestation à
l'endroit des
10
résolutions organisée par la Patriotes,
à Saint-Ours.
Les participants proposent un boycott des produits importés de
Grande-Bretagne. 15 juin: lord Gosford ordonne aux sujets de sa
Majesté
de ne plus participer à aucune assemblée «à
caractère dangereux ou
équivoque». Août: la dernière tentative de
consiliation menée par lord
Gosford échoue. 23 octobre: 5 000 personnes participent
à l'
Assemblée
des Six comtés à Saint-Charles. Lors
de cette assemblée, le Patriote Nelson proclame le
droit du peuple à modifier lui-même les institutions
politiques. 6
novembre: affrontement entre les membres du Doric Club et ceux des Fils
de la liberté, deux associations révolutionnaires
respectivement
anglophone et francophone, sur la rue Saint-Jacques à
Montréal. Les
membres du Doric Club saccagent les presses du journal Vindicator,
propriété d'un allié de Papineau, et menacent la
propriété de celui-ci.
A la suite de cet affrontement, le gouvernement décide de
réagir: il
appelle des renforts du Haut-Canada et des Maritimes et ordonne
l'arrestation de 26 chefs patriotes.
Jeudi
23 novembre: les troupes
britanniquse attaquent Saint-Denis. L'attaque est repoussée par
les
Patriotes; les Britanniques doivent se replier vers Sorel.
( Débarqué à Sorel le 22 novembre au soir vers dix
heures, avec cinq compagnies de fusiliers, un détachement de
cavalerie et une pièce de campagne, le colonel Gore apprend que
de grandes forces s’apprêtent à lui barrer la route dans
le village de Saint-Denis. Il fait déployer immédiatement
ses troupes et donne l’ordre d’avancer toute la nuit.
Au matin du 23 vers dix heures, il fait froid, le temps est sombre. Une
centaine de Patriotes armés de fusils, commandés par le
Dr
Wolfred
Nelson sont retranchés au deuxième
étage de la grosse maison en pierres de Mme Saint-Germain, et
une trentaine d’autres dans la distillerie du Dr Nelson. Ceux qui n’ont
pas d’armes se placent à l’abri des murs de l’église. Ils
ont ordre d’attaquer l’ennemi, avec leurs faux et leurs fourches
à la première occasion qui se présentera.
Ils ouvrent un feu bien nourri et d’une grande précision. Devant
ce tir plongeant, l’infanterie du colonel Gore est impuissante.
Impuissante aussi est son artillerie contre les gros murs de la Maison
Saint-Germain, sauf pour le premier coup qui pénétra par
une fenêtre, tuant quatre Patriotes.
En ce jour historique, les cloches de l’église sonnent à
tout vent, appelant
les
Patriotes au combat. Ils accourent de partout
ces braves, la plupart n’ayant pour armes que des faux, des fourches ou
des bâtons : troupe héroïque où l’on voit le
père avec ses fils, l’enfant à côté du
vieillard. Spectacle toujours émouvant du paysan
transformé en soldat, par l’amour de la liberté, et se
battant avec les instruments de son travail, sans s’occuper du nombre
de ses ennemis et de la puissance de leurs armes. Le colonel Gore sonne
la retraite vers les trois heures car les Patriotes des paroisses
voisines commencent à affluer et à menacer les
communications avec Sorel. La troupe laisse sur le terrain un
matériel important dont un canon howitzer.
La bataille dura six heures et les pertes dans les deux camps se
répartissent comme suit : six hommes de l’armée anglaise
ont été tués, 10 sont blessés et six ont
disparu. Les pertes de l’armée Patriote s’élèvent
à 12 morts et sept blessés.)
25 novembre:
les Britanniques attaquent Saint-Charles et parviennent à
anéantir la
résistance des Patriotes. Les villages alentours sont
incendiés. 5
décembre: proclamation de la loi martiale dans le district de
Montréal.
14 décembre: Saint-Eustache est la proie d'une attaque des
soldats
britanniques. Tous les Patriotes sont tués et l'église
incendiée.
1839: Lord Durham recommande l'assimilation des Canadiens
Français par l'anglicisation et l'immigration.
11
février: Lord Durham rend son rapport public
( qui
est toujours en vigueur).
Il met
à
jour trois principaux problèmes: un problème politique
(l'affrontement entre la chambre d'assemblée d'une part et le
gouverneur et les deux conseils d'autre part), un problème
économique (la coupure en deux segments de l'axe Saint-Laurent)
Grands Lacs par l'Acte Constitutionnel) et un problème social
(la lutte entre deux peuples, francophones et anglophones). Pour
résoudre la crise, Durham propose d'unir les deux Canadas et
d'accorder la responsabilité ministérielle à la
nouvelle colonie. Il espère ainsi favoriser l'assimilation des
Canadiens français, un peuple qu'il qualifie de «peuple
sans histoire et sans littérature». Au sein de la nouvelle
union, les Canadiens français serait nettement minoritaires, ce
qui assurerait aux anglophones la majorité des deux chambres
unifiées. Au Bas-Canada, on s'indigne face à ce projet
politique dont le but avoué est l'assimilation. L'Angleterre se
montre favorable à l'union mais refuse d'accorder la
responsabilité ministérielle.
1840: Pour mettre les Canadiens Français en état
d'infériorité
politique, Londre sanctionne la loi de l'Union, qui crée le
Canada Uni.
La langue anglaise y devient la seule langue officielle. Même si
le
Haut Canada (Ontario) a une
dette
de 5,925,779.41 $ soit
13 fois plus élevée que
le Bas-Canada
(Québec) a un surplus de 189,306.41 $ , il y a mise en commun
des
dettes. (
À première
vue cette somme peut paraître insignifiente. Mais, si on tient
compte du fait que la première loi sur les dépenses
budgétaires au Québec les établissait à
2,097,717.05$, ces chiffres prennent une toute autre signification,
même si les chiffres divergent selon d'autress documents,
probablement parce que la référence monétaire
à l'époque était la livre anglaise, et que
certains parlent de Louis, la dette nette du Haut-Canada, était
au moins dix fois plus importante que celle du Bas-Canada ). De
plus, les 2
Canadas sont
représentés par le même nombre de
députés, même si le Bas-Canada
(Québec) est plus peuplé que le Haut Canada (Ontario).
1864: Un dénommé
Médéric
Lanctôt fonde un parti qui prône un Québec
indépendant. Ce parti va cependant mourir avec la naissance de
la
Confédération.
1867: Entré en vigueur de
la
Constitution, AANB. Cet acte
consacre la
minorisation politique des Francophones au Canada: le Québec ne
forme
plus qu'une province sur 4 et représente 33,7% de la population
Canadienne.